Mise à jour algorithme

Réagir à une mise à jour d’algorithme

Votre trafic chute de quarante pour cent en trois jours. Le premier réflexe est de chercher ce que vous avez cassé, le deuxième de tout modifier en urgence. Les deux sont mauvais : dans la majorité des cas, vous n’avez rien fait, et agir dans le désordre pendant une période instable rend le diagnostic impossible.

Voici comment identifier ce qui se passe, et quoi faire — y compris quand la réponse est de ne rien faire.

La marche à suivre
Vérifier d’abord que la cause n’est pas technique ni interne.
Attendre la fin du déploiement avant tout diagnostic.
Analyser page par page : une baisse globale et une baisse ciblée n’ont pas la même cause.
Ne rien modifier pendant l’instabilité, sauf problème technique avéré.

Étape 1 — Éliminer les causes internes

Avant d’incriminer l’algorithme, vérifiez ce qui dépend de vous. Une chute brutale a plus souvent une cause banale qu’algorithmique.

  • Une directive d’exclusion involontaire, souvent héritée d’un environnement de test après une mise en ligne.
  • Un blocage dans le fichier d’exclusion des robots, qui peut rendre une section entière invisible, sujet traité dans notre article sur le fichier d’exclusion et le plan de site.
  • Une panne serveur ou des temps de réponse dégradés au moment du passage du robot.
  • Une mise à jour d’extension ayant modifié les balises, les canoniques ou les redirections.
  • Une action manuelle, qui serait signalée dans votre outil de suivi de recherche. Vérifiez-le en premier : c’est immédiat et cela change tout le diagnostic.
  • Un problème de mesure, tout simplement : outil d’analyse mal configuré après une modification du site.

Un crawler règle une partie de ces vérifications en dix minutes, comme expliqué dans notre article sur l’utilisation d’un crawler.

Étape 2 — Situer dans le temps

Repérez la date exacte du décrochage dans votre rapport de performance, au jour près. Puis comparez avec le calendrier des mises à jour annoncées.

Trois profils se distinguent.

  1. Une chute nette en un ou deux jours, hors de toute mise à jour annoncée. Cherchez encore du côté technique : c’est presque toujours interne.
  2. Une baisse progressive sur une à trois semaines, coïncidant avec un déploiement annoncé. Signature typique d’une mise à jour large, qui se déploie par vagues.
  3. Une érosion lente sur plusieurs mois, sans point de rupture. Ce n’est pas un algorithme : c’est de la concurrence, du contenu qui vieillit, ou une intention de recherche qui a évolué.

Étape 3 — Analyser page par page

C’est l’étape qui produit l’information utile. Une baisse globale et une baisse concentrée n’ont rien à voir.

  • Toutes les pages baissent à peu près également. Orientation vers une cause technique, une perte de confiance générale, ou une mise à jour touchant l’ensemble d’un type de site.
  • Quelques pages s’effondrent, les autres ne bougent pas. Le plus fréquent. Regardez ce que ces pages ont en commun : même type de contenu, même intention, même format. La réponse est souvent là.
  • Les positions tiennent mais les clics chutent. Ce n’est pas votre classement qui a bougé, c’est la page de résultats : nouveaux blocs, extraits enrichis, réponses affichées directement. Le sujet est traité dans notre article sur la diversification des sources de trafic.
  • Le trafic de marque tient, le reste baisse. Votre audience fidèle est intacte : c’est l’acquisition qui est touchée.

Comparez toujours à la même période de l’année précédente en plus de la période précédente : beaucoup de « chutes algorithmiques » sont de la saisonnalité, comme rappelé dans notre article sur la mesure du référencement.

Étape 4 — Agir, ou pas

Si la cause est technique

Corrigez immédiatement. C’est le seul cas où l’urgence est justifiée, et le retour se fait généralement en quelques semaines une fois les pages réexplorées.

Si la baisse est concentrée sur un type de page

Prenez trois de ces pages et comparez-les honnêtement aux résultats qui vous ont remplacé. Que proposent-ils que vous n’avez pas ? Souvent : une expérience réelle, des données propres, une réponse plus directe, un format différent. C’est un travail de fond, pas une correction.

Si la baisse est générale et que rien n’est cassé

Ne faites rien pendant plusieurs semaines. C’est la recommandation la plus difficile à suivre et la plus souvent justifiée. Continuez votre production normale, améliorez ce qui peut l’être indépendamment, et attendez. Une partie des sites touchés par une mise à jour large récupère lors de la suivante, sans avoir rien changé.

Ce journal se complète utilement d’une veille légère, dont nous décrivons l’organisation dans notre article sur la veille SEO : suivre les annonces officielles suffit à dater un déploiement, et c’est tout ce dont vous avez besoin ici.

Ce qu’il ne faut jamais faire

  • Tout modifier en même temps. Vous rendez toute évaluation impossible pour les mois à venir.
  • Désavouer des liens en panique. Sauf action manuelle notifiée, c’est un réflexe qui fait plus de dégâts qu’il n’en évite, comme expliqué dans notre article sur l’analyse des backlinks.
  • Supprimer massivement du contenu. Réserver la suppression aux pages sans aucun trafic ni lien, et rediriger plutôt que supprimer.
  • Acheter des liens en urgence. Ajouter un signal artificiel à un moment où votre site est déjà en difficulté est le pire calendrier possible.
  • Changer de nom de domaine pour repartir de zéro. Le problème suit le site, il ne reste pas attaché au nom.

Questions fréquentes

Comment savoir si une mise à jour d'algorithme m'a touché ?

Repérez la date exacte du décrochage dans votre rapport de performance, puis comparez avec le calendrier des mises à jour annoncées. Une baisse progressive sur une à trois semaines coïncidant avec un déploiement est la signature typique. Une chute nette en un ou deux jours, hors de toute annonce, oriente presque toujours vers une cause technique interne à vérifier en priorité.

Faut-il agir immédiatement après une chute ?

Seulement si la cause est technique : directive d’exclusion involontaire, blocage de robots, panne serveur, extension ayant modifié vos balises. Dans tous les autres cas, attendez la fin du déploiement avant d’analyser. Modifier vos pages pendant une période instable rend le diagnostic impossible et risque de corriger quelque chose qui serait revenu seul.

Combien de temps dure une mise à jour ?

Une mise à jour large met généralement plusieurs semaines à se déployer entièrement, avec des positions qui oscillent pendant toute la période. C’est précisément pourquoi il ne faut rien modifier avant la fin annoncée : les données ne sont pas stabilisées et toute conclusion tirée en cours de déploiement risque d’être fausse.

Peut-on récupérer après une mise à jour ?

Oui, mais rarement immédiatement. Une partie des sites touchés récupère lors d’une mise à jour ultérieure sans avoir rien changé, ce qui suppose de la patience. Une autre partie doit engager un travail de fond sur les pages concernées. Dans les deux cas, la récupération se compte en mois, et les corrections précipitées sont plus souvent nuisibles qu’utiles.

Que faire si mes positions tiennent mais que les clics chutent ?

Ce n’est pas votre classement qui a bougé mais la page de résultats elle-même : nouveaux blocs, extraits enrichis, réponses affichées directement. Retravailler le contenu n’y changera rien. Les leviers sont ailleurs : améliorer le titre et la description pour capter les clics restants, et orienter votre production vers des formats qu’un extrait ne peut pas remplacer.

Faut-il désavouer des liens après une chute ?

Sauf action manuelle notifiée dans votre outil de suivi de recherche, non. Désavouer en panique est un réflexe qui fait plus de dégâts qu’il n’en évite : vous risquez d’écarter des liens qui contribuaient réellement, sans bénéfice identifiable. Vérifiez d’abord s’il existe une notification d’action manuelle, ce qui prend quelques secondes et change complètement le diagnostic.

Comment se préparer aux prochaines mises à jour ?

Tenez un journal daté de chaque changement notable sur votre site : extensions, thème, refontes, campagnes de liens, migrations. Le jour où une chute survient, il répond en trente secondes à une question qui vous prendrait autrement une semaine. Réduisez par ailleurs votre dépendance à une source unique de trafic, ce qui change la nature du risque sans rien retirer à votre travail.

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